BOUGE TA PREF ! 400 personnes devant la Préfecture de Marseille le 10 juin

samedi 13 juin 2026
par  MEAD Christine
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La totalité des services publics sont malmenés en France : éducation, santé, finances publiques, ... La "mode" est à l’économie, la réduction d’effectifs, la suppression de l’humain au profit des ordinateurs, les guichets disparaissent partout.

En ce qui concerne l’accueil et la gestion du séjour des étrangers en France, on atteint des sommets !

 Des lois qui se superposent, des exigences de plus en plus fortes pour les usagers, la multiplication des obstacles en tout genre
 Et des Préfectures qui ne délivrent plus de titres, ou les délivrent après la fin de leur durée de validité, de sorte que des étudiant.e.s ne peuvent pas passer leurs examens, des salarié.e.s perdent leur emploi, des personnes perdent leurs logements, perdent également tous droits sociaux...

BOUGE TA PREF ! c’était le 10 juin partout en France ; ci-dessous, le communiqué de presse :

BougeTaPref ! — Journée nationale d’action, le 10 juin 2026 Non aux dysfonctionnements administratifs des préfectures Oui aux pratiques qui respectent les droits des personnes étrangères

Le mercredi 10 juin 2026, les collectifs BougeTaPref ! mèneront des actions simultanées devant plusieurs préfectures à travers la France. Dans les Bouches-du-Rhône, des mobilisations auront lieu à Marseille et à Aix-en-Provence afin de dénoncer les blocages administratifs qui empêchent des milliers de personnes étrangères d’accéder à leurs droits.
Depuis plusieurs années — situation fortement aggravée au cours des derniers mois — les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches, impossibilité de joindre les services préfectoraux, etc.
Ces dysfonctionnements administratifs ont des conséquences matérielles et psychologiques concrètes et souvent dramatiques : perte d’emploi, perte de logement, perte de couverture santé, suspension des droits sociaux, impossibilité d’accéder aux services de France Travail, de la CAF ou d’autres organismes essentiels, qui peuvent conduire à des dégradations graves de la santé mentale.
Cette précarisation et cette angoisse permanentes pour des milliers de personnes découlent du non-respect par les préfectures des délais légaux et des obligations qui leur incombent.
Aujourd’hui des collectifs BougeTaPref ! présents en Île-de-France (Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), à Grenoble, Rennes, Aix-Marseille, Lille, Saint-Étienne, Toulouse, Briançon, Nantes, et dans d’autres territoires, représentant des centaines d’associations locales et nationales, se mobilisent pour dénoncer, à l’échelle nationale, le scandale de ces entraves administratives contraires aux droits.

Ces collectifs se rassemblent autour de revendications communes pour que les pratiques administratives respectent les droits fondamentaux et la dignité humaine.

Les revendications du collectif national :

• Garantir le droit d’accès à la préfecture et un accueil digne ;
• Démonter le mur numérique ;
• Garantir la continuité des droits par la délivrance effective des documents de séjour ;
• Respecter les délais légaux d’instruction et renforcer les moyens de l’administration ;
• Mettre fin aux sanctions subies par les personnes étrangères en raison des dysfonctionnements administratifs.

À peine sorti·es des périodes de confinement, les étranger·ères sollicitant un titre de séjour ont vu leur retour aux guichets préfectoraux entravé par la mise en œuvre progressive de la dématérialisation du droit au séjour des personnes étrangères.

Les interminables files d’attente, autrefois visibles devant les préfectures, ont disparu. Désormais, chacun·e se retrouve seul·e face à son ordinateur ou son smartphone en « dialogue » avec l’ANEF (Administration numérique pour les étrangers en France) véritable labyrinthe administratif numérique dans lequel il faut identifier la procédure correspondant à sa situation  : « parent d’enfant français », « conjoint·e de Français », « bénéficiant d’une ordonnance de protection », « victime de la traite des êtres humains  », « renouvellement de titre de séjour », etc.

Ce dispositif informatique national, déjà complexe à maîtriser, fait l’objet de modifications régulières qui renforcent encore les difficultés rencontrées par les usager·ères.

Chaque préfecture est censée mettre à disposition un « Point d’Accès Numérique » (PAN) permettant aux personnes en difficulté d’être accompagnées par des agent·es formé·es.
Dans les faits, ces dispositifs sont trop souvent insuffisants, inaccessibles ou dysfonctionnels. Au-delà des restrictions introduites par les réformes législatives et les circulaires ministérielles, les personnes étrangères se heurtent ainsi à un véritable mur numérique.

Ces dysfonctionnements organisés relèvent d’un choix politique. L’objectif affiché de « modernisation » de l’administration masque difficilement la volonté de limiter les dépôts de dossiers et donc l’accès à la régularisation.

C’est pour lutter contre ces pratiques destructrices que, dès 2020, se sont constitués des collectifs BougeTaPref ! En effet, les constats sont similaires dans l’ensemble des préfectures concernées, ce qui révèle le caractère systémique de ces dysfonctionnements.

Ces collectifs se sont rassemblés à l’échelle nationale pour dénoncer ensemble le scandale de ces blocages administratifs bafouant les droits fondamentaux de milliers d’étrangers et d’étrangères.

Sur Marseille, nous avons pu entendre de nombreux témoignages de ces dysfonctionnements, y compris pour celles et ceux qui remplissent toutes les "bonnes" cases.

Des piles de carton symbolisaient le retard pris par l’administration pour traiter les demandes.


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