Drôle d’époque Aujourd’hui et demain

samedi 28 mars 2020
par  Hervé Thomas
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Samedi 28 mars 2020

Drôle d’époque
Aujourd’hui et demain

Comment exprimer/expliquer cet état de vague à l’âme que confère le confinement ?

À mesure que le temps passe (voilà bientôt deux semaines que nous sommes confinés) et que les mesures annoncées se durcissent (à présent, les marchés sont interdits et l’on doit indiquer l’heure à laquelle on quitte son domicile), que les effets sur la vie laborieuse se font sentir (France Culture a très vite abandonné les informations, se glissant dans les canaux de France Inter ; aujourd’hui c’est sur les canaux de France Info qu’elle se branche), les déclencheurs de ce vague à l’âme se dessinent plus nettement.

Nous quittons une vie scandée par les dates cochées dans les agendas, pour une plage de temps de plus en plus indéterminée, je veux dire de moins en moins définie par des rendez-vous ou des évènements auxquels nous souhaitons participer (films « à voir », manifestations à ne pas manquer, conférence « intéressante » dont nous retenons date, réunions diverses)....
Même l’écoulement des jours devient flou. Au début je savais que le mardi et le samedi matin, il y avait marché. Ce samedi matin, plus de marché ; mardi matin prochain, plus de marché. Deux repères qui avaient échappé à l’effacement de la vie collective et qui disparaissent.

Ça, c’est ce qui pèse sur le présent, sur le moment matinal où, avant même de bouger, l’on ouvre les yeux et où notre conscience se situe dans la semaine, puis dans les activités « prévues ».
A présent, ce très court terme (la journée présente, aujourd’hui) reste flou ; rien ne structure les journées, la semaine, et d’ailleurs, c’est quoi cette convention de la semaine qui fait revenir certains jours qui scandent nos activités ?

Mais il y a une autre nuée qui brouille notre vision de l’avenir.
Comment se projeter sur la sortie de crise ? Que se passera-t-il lorsque le confinement cessera, lorsque le lien social sera à nouveau autorisé, voire requis ?
Tout d’abord dans quel état nous retrouverons nous au jour J ? Quel sera le paysage politique, social, économique, écologique ? Personnellement tout d’abord : état de santé, état financier… ; collectivement ensuite : combien de faillites de commerces, de petits producteurs ? Quels mouvements sociaux se déclencheront ?
Comment l’actuel gouvernement tirera-t-il parti de cette gestion calamiteuse de la pandémie ? Comment les politiques « traditionnels » qui se sont succédés ces dernières décennies et qui ont consciencieusement cassé le service public (de la santé, de la justice, de l’éducation, …), soutenu la finance internationale et une croissance délétère, vont-ils se positionner pour reprendre la main ?

Comment les citoyens s’organiseront-ils pour que soient tirées les leçons de l’histoire ? De quoi demain sera-t-il fait ?

Parlons-en, délirons, ne soyons pas sérieux. Il se peut que ce soit notre dernière chance d’avoir du plaisir à imaginer un futur qui de toute façon, nous rattrapera vite.

Josiane Teissier.


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ENCADRER LES LOYERS à Marseille

Pétition en ligne à signer ; comme Paris, Lille, Lyon ou Villeurbanne, la Ville de Marseille peut mettre en place un encadrement des loyers.
Ci-dessous le lien vers la Tribune publiée dans la Marseillaise avec les premières associations signataires :

https://www.lamarseillaise.fr/socie...

et le lien vers la pétition :
https://www.change.org/p/encadremen...