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Germinal. Jour 27 Dimanche de Pâques.

mardi 14 avril 2020
par  Hervé Thomas
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Germinal. Jour 27 Dimanche de Pâques.

Hier, c’était Pâques. Hier, ou demain, ou la semaine prochaine, qu’en sait-on ? En tout cas, dans toutes les traditions, un passage de l’hiver au printemps, une sortie de quelque chose. Et dans ma propre mémoire, la chasse aux œufs miraculeuse que nous cultivions assidument avec les enfants. Nous n’en avons manqué aucune. Cette année, ils l’ont faite sans moi, à 600 km, mais ils l’ont faite.

Ici à Marseille, mon plaisir de Pâques fut de voir éclore les pousses vertes et drues de graines de courge semées la semaine dernière dans une boite de camembert. Ce sera mon jardin de confinement. Nous n’avons ni la terre disponible ni l’espace suffisant pour accueillir la profusion que deviendront ces lianes virulentes (virulentes ?!). Mais je trouverai, je le leur ai promis, dés qu’elles seront aguerries, un coin de talus où aller les planter. En attendant, j’observe avec bonheur et reconnaissance la force des tiges, le déroulé des feuilles épaisses sorties d’une graine sèche, la sève triomphante qui éprouve la palette des verts, du tendre au sombre nervuré.

Donc, pas d’œufs en chocolat, mais des germinations prometteuses.

Et pour les germinations de projets, où en sommes-nous ? On s’arrête et on réfléchit… Plusieurs sites ont lancé l’idée, des plates-formes de propositions se montent, d’ATTAC bien sûr (ne restons pas l’esprit confiné), d’associations (#PlusJamaisCa, #PourLeJourDapres), de députés… hum (https://lejourdapres.parlement-ouvert.fr). Dans le dernier Monde Diplo, Lordon lance de salutaires « orientations » (https://blog.mondediplo.net/orientations), reprises par d’autres qui développent de lumineuses analyses, inspirées de Nietzsche, sur les risques de l’après et l’outil d’asservissement que devient le concept nébuleux de la dette.

Je cite : « Le premier moyen d’ouvrir une forme de vie collective différente sera de se libérer de la dette et de la promesse morbide qu’elle implique, car le but de la dette est de fermer tous les possibles, de faire obéir les débiteurs aux désirs des créanciers. Le discours de la dette cherche toujours à transformer des individus libres en esclaves prévisibles. Les servitudes économiques de demain sont étroitement liées à ce point central de la morale de la dette, de notre acceptation ou pas de celle-ci, ici et maintenant ».

Alors, bien sûr, le MEDEF voudra nous enfoncer de nouveau dans le modèle merdeux : croissance (de quoi ?) - richesses (de qui ?) – remboursement de la dette accumulée pendant la crise (Oh ! Fan ! Nous payons déjà les crises depuis 50 ans !).

Mais comme un jardin de courges né d’une boite de camembert, l’espoir est déjà en route : le gouvernement espagnol se prépare à instaurer le revenu universel pour permettre à chacun de vive décemment en toutes circonstances. Pays meurtri, mais qui sait se relever dans la dignité, semble-t-il. Exemple de ce qui peut advenir quand le ministère de l’Économie est confié à une femme…

Marie Louvie.


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