Savon de Marseille

jeudi 16 avril 2020
par  Hervé Thomas
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Texte 12, Savon de Marseille, Jour 3O, 15 Avril 2020

Le savon, en particulier celui dit de Marseille, a retrouvé récemment ses lettres de noblesse, et une place de choix dans notre société ...
Mais, au fait, qu’es aquò ?

La saponification permet la transformation de matières grasses en savon.

Pour le savon « de Marseille »,c’est un procédé de fabrication qui , à l’heure actuelle, comprend plusieurs étapes :

- l’empâtage ( transformation des huiles végétales en savon, sous l’action de la soude et de la chaleur, dans un chaudron)
- lavage à l’eau salée pour éliminer la soude ;
- la cuisson ( dix jours à 120° c)
- la liquidation ( lavages à l’eau pure)
L’ensemble des étapes se nomme la cuite. ( c’est du propre !)

La coulée de la cuite :
La pâte obtenue est versée, encore chaude, dans des mises ( moules), grâce à une gouttière de bois, la goulotte ;
Le séchage ( 48h, moins les jours de mistral...)
Le découpage ( en pains de 35 kg, redécoupés ensuite)
Le moulage ( marquage)

D’onte ven ? D’où vient-il ?

Le savon d’Alep , très ancien, a été introduit en Europe au XII ème siècle ; il est composé d’huile d’olive et d’huile de baies de laurier ; notre savon de Marseille s’en inspire.

On commence à trouver une savonnerie à Marseille au XIV ème, une première fabrique au XVIème ; au XVIIème, il est réglementé et ne doit contenir en fait de corps gras, que de l’huile d’olive.
A la fin du XVIIIème, la cinquantaine de savonneries présentes à Marseille emploient des forçats des galères ; ( sans vergogne)
Au XIXème, la soude ( obtenue à partir du sel de mer) est utilisée ; de nouvelles matières grasses sont importées ( huile de palme, d’arachide, de coco, de sésame) ; mais les savonneries sont concurrencées par celles qui, ailleurs, utilisent le suif ( graisse animale)
Au début du XXème, Marseille compte 90 savonneries ; après 14-18, la production reprend, mais après le seconde guerre mondiale, le savon est supplanté par les détergents de synthèse, et les savonneries ferment peu à peu.

E ara, onte n’en siam, et maintenant, où en sommes-nous ?

Actuellement, un savon de Marseille est un cube de 600g, estampillé sur ses six faces, portant le nom de la savonnerie et la mention : 72% d’huile ; il est vert ou blanc, selon qu’il contient de l’huile d’olive ou de palme.
Les matières premières sont :- des corps gras d’origine végétale , à 72% ( huile de grignons d’olive, de coprah-coco-, de palme , de palmiste) ;
de la soude ( issue des terrains salés de Camargue, elle était réduite en carbonate de soude ; actuellement artificielle mais à partir du sel marin)
du sel marin, utilisé pour laver la pâte de savon ;
de l’eau ;
parfois de la glycérine.

Ce savon a un grand pouvoir nettoyant ,il convient au linge, mais aussi à la toilette, y compris des pitchons, ( pas d’allergisants ; c’est aussi un anti-mite, un bactéricide, et vous pouvez même tenter de l’utiliser contre les crampes , en glissant un morceau au fond de votre lit....

L’appellation est liée à la méthode, non au lieu, ce qui explique que Chine et Turquie soient les deux premiers fabricants....

De nos jours, il reste quatre savonneries à Marseille et dans sa région :
Le fer à cheval, la plus ancienne , ( 1856) monument historique, à Sainte Marthe ;
Le Sérail   
La savonnerie du Midi, aux Aygalades ;
et Marius Fabre, à Salon.

Ce ne sont pas les seules en France, on en trouve aussi , notamment, à Nantes : la savonnerie de l’Atlantique.
Les « nôtres » ont demandé « l’identification géographique protégée », et en attendant se sont regroupées dans l’ Union des professionnels du Savon de Marseille, une marque collective.

La bugada, la lessive

Impossible de parler savon sans penser à la bugada, la lessive traditionnelle provençale, celle, annuelle, des draps , qui était un événement collectif :
Faite à la cendre de chêne, à l’aide de deux cuves dont une en bois, rincée au lavoir, labeur qui était également un moment festif.

Tout finit par des chansons

Une chanson traditionnelle de bugadière ( lavandière, qui utilisait le savon de Marseille) avait pour refrain :

« Tant qu’y aura du linge à laver, du travail pour les bugadières,
tant qu’y aura du linge à laver, des hommes on pourra se passer ! »

Enfin, je vous invite à aller écouter ou ré-écouter Jo Corbeau ( chanteur de reggae, marseillais d’origine arménienne, jeune homme de 73 ans), dans « savon de Marseille », qu’il avait chanté lors des 2600 ans de Marseille, événement mémorable.

Christine Findal.

Pour écouter Jo Corbeau et son savon de Marseille :

https://www.youtube.com/watch?v=DOE6hWKnD0w&list=RDDOE6hWKnD0w&index=1


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Retraité.e.s en colère

Une pétition en ligne a été mise en place par les 9 organisations de retraité/es qui se sont réunies ce 11 avril : http://www.retraitesencolere.fr/ pour demander une loi de finances rectificative avec la suppression de l’augmentation de la CGS, la fin du gel des retraites et leur revalorisation. Une manière de maintenir la pression et de ne rien lâcher...