Tout le monde à la maison et après tout le monde dans la rue !

mardi 21 avril 2020
par  Hervé Thomas
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Tout le monde à la maison et après tout le monde dans la rue !

Cette époque du tout le monde à la maison n’est pas sans me rappeler celle où mon père, présence incongrue dans une journée de semaine, était à la maison. Pas toujours dedans car il s’occupait du jardin, pas toujours tout le temps parce qu’en contact permanent avec ses copains du syndicat.

Le 13 mai avait démarré la première grève générale sauvage de l’histoire, paralysant un pays parvenu au stade de la société de consommation. C’est la prise de conscience de la mondialisation de la société moderne et la remise en cause du modèle occidental. Sur les murs s’affichent une parole qui dénonce l’autoritarisme de l’État et l’insignifiance du discours technocratique ; il est interdit d’interdire et halte à la croissance !

Cette contestation sociale sans précédent – 10 millions de grévistes – aboutit entre autres à une revalorisation des rémunérations qui se verront finalement grignotées en quelques années par l’inflation. La décennie suivante, les échanges connaissent une libéralisation et des secteurs, de plus en plus nombreux, sont touchés par les délocalisations. Le capital est mobile et la croissance ne bénéficie plus aux travailleurs. Les gains sont captés par les entreprises, et non redistribués. L’heure est au capitalisme financiarisé, largement soutenu par les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays.

2020. L’épidémie de coronavirus va permettre à Emmanuel Macron d’appliquer au pied de la lettre les recommandations de Milton Friedman, théoricien zélé de l’ultralibéralisme : infliger un traitement de choc immédiatement après une crise douloureuse.

Le projet de loi relatif aux mesures d’urgence relève bel et bien de cette « stratégie du choc », qui veut qu’après un traumatisme collectif les citoyens soient dans un état de sidération propice à accepter ce qu’ils jugeaient inadmissible la veille.

Aujourd’hui tout le monde est à la maison, à devoir avaler les couleuvres d’une loi d’urgence sanitaire qui cache mail son agenda antisocial et dont les mesures sont définies par des ordonnances, à savoir sans débat parlementaire. Des mesures sérieuses qui ouvrent la porte aux dérives antisociales et autoritaires.

Il n’est pas question de donner un blanc-seing à celui qui a supprimé l’ISF, ignoré les gilets jaunes, les 13 mois de grève des soignants et, surtout, le mouvement social, inédit depuis mai 68, contre la réforme des retraites. À accepter sans mot dire cette dystopie faite de drones, de traçage au smartphone et de répression policière.

Ils ont volé nos économies, ils ne voleront pas notre colère.

Aujourd’hui confinés, demain conjurés !

Pascale COMPTE
21 avril 2020


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Retraité.e.s en colère

Une pétition en ligne a été mise en place par les 9 organisations de retraité/es qui se sont réunies ce 11 avril : http://www.retraitesencolere.fr/ pour demander une loi de finances rectificative avec la suppression de l’augmentation de la CGS, la fin du gel des retraites et leur revalorisation. Une manière de maintenir la pression et de ne rien lâcher...