Trente Ans après les Jours d’Après...

vendredi 17 avril 2020
par  Hervé Thomas
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Trente Ans après les Jours d’Après...

Il n’existe d’incohérence que pour celui qui est incapable de reconstruire les logiques qui produisent les discours et les pratiques. Cette phrase d’Édouard Louis me vient là, à minuit trente, alors qu’une fois de plus la nuit m’échappe. Je ne vais pas me remettre à lire, une pause s’impose dans cette frénésie imposée d’occuper son esprit, plus de trente romans, essais et polars depuis le jour du confisquement. Achetés ou téléchargés au format adapté à ma liseuse, hélas, les librairies sont fermées, mes bibliothèques combles et mon appétit gargantuesque. Par un invraisemblable coup du sort, un des derniers livres papier que j’ai reçu est « Marseille, ville morte, la peste de 1720 », commandé des semaines avant les jours d’avant. Désormais, la pandémie actuelle renvoie à des heures sombres et à des habitants décimés, qu’ils soient les fidèles de l’évêque de Belsunce au XVI° siècle, mes grands oncles fauchés par la grippe espagnole au début du XX°, ou des amis dans les années 90 par le Sida. J’ai donc décidé de revisiter ces années-là, dont on n’a su tirer les leçons, en particulier celle de l’importance de dépister.

Les premières explorations méthodiques qui ont suivi la description de l’état clinique des patients atteints de pneumocystose ou de Kaposi étaient destinées à définir les caractéristiques des victimes et du groupe à risque. Ainsi naquit le premier nom de la maladie, le GRID, pour Gay-Related-Immuno-Deficiency, la déficience immunitaire liée à l’homosexualité masculine… Le Sida était donc le stigmate des « pédés » - ce mot dont j’ai horreur - et si les morts de Klaus Nomi, et Michel Foucault ont ému, elles n’en ont pas plus alerté le commun des autres mortels, pas artistes, pas écrivains, hétéros déclarés donc pas concernés. La maladie des chinois a également tardé à impulser la stratégie de confinement déclarée le 17 mars, soit plus de trois mois après l’apparition et la propagation de ce nouveau virus. Qui a tardé à convaincre de l’importance de la distanciation sociale.

Que dire de ces quatre longues semaines, durant lesquelles l’impréparation des services sanitaires révèle qu’on manque de tout, respirateurs, masques et lits en réanimation. La casse du service public nous saute à la figure et là s’impose toute l’imposture du néolibéralisme et des calculs de rentabilité. Édouard Louis me rappelle à son souvenir, la logique qui produit le discours et les pratiques n’est incohérente que pour qui n’a pas entendu les sirènes de la raison gouvernementale, économie et loi du marché.

Pour ne rien arranger, les médias restent aussi nauséabonds qu’à l’époque, mais on le sait, la presse n’est pas la messe.

Pascale COMPTE
16 avril 2020


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Retraité.e.s en colère

Une pétition en ligne a été mise en place par les 9 organisations de retraité/es qui se sont réunies ce 11 avril : http://www.retraitesencolere.fr/ pour demander une loi de finances rectificative avec la suppression de l’augmentation de la CGS, la fin du gel des retraites et leur revalorisation. Une manière de maintenir la pression et de ne rien lâcher...