30 MAI : MOINS DE ROUTES, PLUS DE TRAINS
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SAMEDI 30 MAI, rendez-vous était pris à 14 h devant la Gare de Saint Martin de Crau pour une mobilisation nationale de l’Alliance Ecologique et Sociale,
prévoyant quelques rendez-vous nationaux, dont celui-là.
Plusieurs associations locales d’Arles et des environs avaient organisé la mobilisation ainsi que SUD RAIL, dont le Secrétaire national avait fait le déplacement.
ATTAC Marseille s’y est joint et tant mieux ! Parce qu’on n’était pas de trop !
Une centaine de personnes au total pour ce rendez-vous dans un lieu très chaud ce jour-là et assez éloigné de toute habitation.
Il s’agissait de mettre en avant le FRET FERROVIAIRE et de souligner que vu le nombre d’entrepôts alentours, entre lesquels nous avons déambulé et vu la proximité immédiate de la voie PARIS - LYON - MARSEILLE, la fameuse PLM, il serait bon pour le climat, pour les cheminots, pour l’économie, pour l’aménagement du territoire d’y relier ces entrepôts pour éviter le tout "poids-lourds" et cantonner ceux-ci à la desserte des derniers kilomètres.
Certaines voies ferrées secondaires, aujourd’hui abandonnées, mais pas démantelées, vont même jusqu’à la clôture de certains entrepôts. Et pourtant, malgré les promesses, le FRET n’a jamais été relancé, y compris pour y charger des camions pour les longs trajets desservis par le train.
Au contraire, à Miramas, pas très loin d’ici, comme nous l’a exposé un cheminot qui y travaille, toute une infrastructure construite exprès pour le fret est extrêmement sous-utilisée : elle aurait permis des transferts du fret des ports de Marseille et Fos vers le reste de la France et vers le nord de l’Europe.
Il n’y aurait plus besoin de chauffeurs PL longue distance dont les conditions de travail sont dures, puisqu’ils sont éloignés de leur famille, vivent et dorment souvent dans leur camion et proviennent souvent de pays où les salaires sont nettement en dessous des salaires en France.
Par ailleurs, comme l’a souligné un autre représentant de SUD RAIL, on a besoin non seulement de FRET, mais encore de FRET PUBLIC !
En effet, le rail se privatise par petits morceaux, la SNCF ouvre elle-même des filiales qui lui font concurrence. Nous avons eu l’exemple de la Région SUD qui a devancé l’appel à la concurrence sur ses TER et cela a abouti à ce qu’un concessionnaire privé obtienne le "marché" du TER Marseille-Nice.
Les filiales sont susceptibles d’être privatisées avec toutes conséquences pour la qualité des emplois.
La multiplicité des "opérateurs" a des conséquences pour les voyageurs (Cartes valables pour une seule société, impossibilité de changer son billet, de prendre le train d’un autre opérateur... ), sur l’entretien des voies, des trains, et évidemment, sur les logiques de profit qui font que le privé s’approprie les lignes les plus rentables et laisse au service public, les dessertes non rentables.
Il s’ensuit qu’elles sont progressivement abandonnées, remplacées par des cars ...
Les associations locales présentes ont également exposé leurs luttes : certaines contre la ligne à très haute tension non enterrée pour alimenter FOS-MARSEILLE : elles ne sont pas opposées à l’électrification supplémentaire, mais demande l’enterrement de la Ligne TNT, au passage de la Camargue notamment, vu le nombre d’oiseaux risquant d’être impactés, les zones agricoles impactées également.
D’autres, s’opposent à la construction d’un contournement routier d’Arles : certes ce serait mieux que la situation actuelle, mais cela signifierait déplacer le problème, artificialiser des kilomètres carrés de terres agricoles ou naturelles, alors qu’au final, ce qu’il faudrait, c’est réduire la route et l’usage des véhicules automobiles ou des camions et privilégier le train, le fluvial et les transports doux.
Le député de l’Hérault, qui avait fait le déplacement, est intervenu sur le travail en commission à l’assemblée nationale. Il a exposé les difficultés à changer de paradigme. Alors que la Commission concernée a également dans ses attributions, l’aménagement du territoire, il nous a exposé que ce sujet n’est jamais abordé.
Une après-midi très chaude, un peu décevante sur le nombre de participant.e.s, mais nous retiendrons qu’ils et elles étaient valeureux, que les interventions étaient passionnantes et que notre déambulation avec figuration d’un train de fret en carton, entre les entrepôts était symbolique de ce qui pourrait être aménagé, s’il y avait une volonté politique d’en finir avec le tout poids lourds au profit du fret ferroviaire.
A l’ombre de la Gare, pour les prises de parole :
Le départ en déambulation :
devant les entrepôts :
Retour par l’ancienne voie ferrée qui rejoint la voie PLM








